"La couleur de la femme", 
2015-2016
Performance filmée et installation, 
New-Delhi, Inde -Paris, France
Photographies, colle à papier peint, pigments rouges

Le projet a pour point de départ un voyage en Inde durant le festival des couleurs.

Cette installation photographique a été réalisée à partir d’une GoPro que je m’étais installée au niveau de la poitrine. Toutes les images sont des captures d’écran de vidéos.

En allant à ce festival d’Holi, très célèbre en Inde et supposé être joyeux, je me suis rendue compte de l’envers du décor : voyageant seule et en tant que femme, j’ai pu voir et filmer la réalité d’un événement comme celui-là. Le projet présenté ici est donc à la fois un portrait de l’Inde mais aussi un portrait de l’Homme et de la Femme dans nos sociétés actuelles.

Sur chaque image, on aperçoit des hommes. Absence totale de femmes, sauf la personne qui filme, moi, et dont on ne peut voir le visage. Au fur et à mesure de la lecture des photos, on peut réécrire la narration des séquences et des épisodes, comme un puzzle qu’on reconstitue ; en en comprenant bien les enjeux, c’est à dire brutalité des gestes et harcèlement. 

L’installation raconte en une centaine d’images une balade chaotique qui tente d’exprimer la difficulté d’être une femme dans certains pays ou circonstances.

Deux poèmes écrits à la suite de cet événement accompagnent les images et participent à l’installation. De manière assez symbolique, j’ai décidé d’exclure la couleur de ce travail photographique en mettant uniquement le rouge en avant (voir poème). C’est en effet la dernière photographie de l’installation, le pigment rouge accroché à la GoPro après l’évènement, qui m’a donné envie d’écrire sur ce que j’appellerais « la couleur de la femme ».

L’installation fait entre 8 à 10 m2 et plonge alors le spectateur dans cette errance urbaine faites de mésaventures. La configuration en V tente de renvoyer chacun à lui-même et donne à tous la possibilité de voir la scène avec les mêmes yeux que la protagoniste.

Ce projet est autant autobiographique que universel : il dépeint, à travers une expérience vécue, le comportement des hommes en Inde et l’effacement de la femme. Finalement, peu importe le lieu, c’est un portrait des problèmes de nos sociétés : la couleur de la femme est le rouge.