Biographie
© Marie-Sophie Lafont

Née en 1992 à Paris, Deborah Fischer est une jeune artiste française. Après un baccalauréat littéraire option Histoire des Arts, elle entre à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et Métiers d’Art (Olivier de Serres) où elle obtient un diplôme de Design de Mode Option Textile. 

En 2014, elle intègre l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Sa pratique s’oriente alors rapidement vers la sculpture et l’installation. 

En 2017, elle reçoit pour sa production artistique le prix d’excellence International Takifuji Art Price de la  Japan Culture Association, remis à Tokyo.

La même année, elle effectue un échange universitaire à Tokyo University of the Arts où elle intègre les départements Verre, Textile et Métal Casting.

En 2019, elle travaille à la fonderie Coubertin pour la mise en œuvre de projets personnels et tente ainsi de développer un savoir-faire autour des techniques liées au bronze.

Elle a participé à plusieurs expositions collectives, notamment aux Beaux-Arts de Paris, à la galerie Joseph, à l’espace Commines, à la galerie Immix ou encore au musée du Louvre pour l’exposition «S’inscrire puis s’effacer». 

Deborah Fischer développe un travail intuitif qui s’est largement nourri de ses voyages en solitaire. Son goût pour l’errance, l’inattendu, lui a permis de se créer un abécédaire de formes et de couleurs qu’elle tente aujourd’hui de retranscrire. Ces éléments, parfois très abstraits et insignifiants, ces « presque rien » apparaissent alors comme les restes d’une vision, du souvenir d’un ailleurs.

En 2018, elle décide de partir sur une période de 8 mois seule en sac à dos de manière à poursuivre des recherches sur la thématique de l’errance et du déplacement, notamment par la collecte d’objets et matériaux trouvés au Japon, sur les marchés indiens, au Népal et en Chine. Elle a également crée son premier livre «Tous ces endroits où j’ai dormi», projet mêlant à la fois photographies et écriture et questionnant ainsi le rapport à la Maison en voyage. L’édition a été présentée au Cabinet du livre d’artiste à Rennes.

En avril 2019, elle expose ses productions de ces deux dernières années à la «Maison pour Tous», Ville d’Avray, adaptant ainsi son œuvre à la particularité du lieu. 

Deborah Fischer est diplomée des Beaux-Arts de Paris depuis juin 2019. En juillet, elle participe à un workshop au Monténégro, en partenariat avec l’Université des Arts de Belgrade, et durant lequel son travail s’est dirigé vers l’installation-performance.

En janvier 2020, elle part en résidence à La pause Residency, au Maroc, et expose durant la foire 1:54 de Marrakech.

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« Au début de sa pratique, les interrogations de Deborah Fischer sur son rapport à l’environnement se sont cristallisées au travers de moulages de fragments de corps – doigts, visages… – aux couleurs ténues ou terreuses. C’est par la suite qu’elle a matérialisé plus précisément son intérêt pour la ville, et particulièrement la ville moderniste. Au cours de ses innombrables voyages effectués en solitaire, elle arpente et collecte, proche de ces chiffonniers décrits par Walter Benjamin. Ainsi, elle prélève de ces cités les rebuts comme s’ils en formaient les excrétions. Sa ville devient alors organique, loin de l’idéal de pureté – éthiquement périlleux – propre aux capitales et places financières. Elle qui dit donner une seconde vie aux déchets et aux objets abandonnés, offre tout autant une dimension animiste à sa pratique. Ses installations, parfois visuellement proches de celles de Support/Surface, possèdent en sus une aura totémique. Quand elle met en valeur un mur délabré par le temps, il semblerait que celui-ci possède une âme. L’océan lui-même s’invite dans la vision citadine de Deborah Fischer parsemée de filets et de débris tressés. A l’inverse, elle semble minorer le travail de l’Homme, aujourd’hui impossible à considérer encore comme « maître et possesseur de la Nature ». Son œuvre incarne ainsi une pensée située par delà la dichotomie nature/culture. En se promenant entre les empreintes et les assemblages, on se découvre à penser au philosophe Emanuele Coccia. Et, dans son sillage, on comprend effectivement que les villes sont des forêts faites d’arbres, vivants ou morts, constituant leur structure et leur capacité à faire respirer les vivants qui les habitent. »

 

Charlotte Cosson & Emmanuelle Luciani